L’Association des fournisseurs du chantier naval Davie se montre très critique envers Québec qui a autorisé l’appel d’offres international avec 30 % de contenu québécois pour la construction du navire qui remplacera le CTMA Vacancier, le traversier qui se rend aux îles de la Madeleine.

L’appel d’offres de la CTMA a été lancé auprès de 26 chantiers la semaine dernière, dont le chantier maritime Davie de Lévis. Le chantier naval aimerait beaucoup obtenir le contrat, ce qui pourrait garantir plusieurs centaines d’emplois pour le chantier et ses fournisseurs, mais estime que ses chances sont minces avec les règles actuelles.
Le président de l’Association des fournisseurs du chantier naval Davie Canada, Pierre Drapeau, considère que c’est une volte-face de la part de la CTMA. Depuis 2015, elle dit que leur prochain navire pourrait être construit au Québec, notamment au chantier Davie, et là ce qu’on découvre c’est que la volonté n’y était pas vraiment, soutient Pierre Drapeau.
De passage dans l’archipel, Philippe Couillard a expliqué lundi qu’une proportion de plus de 30 % de contenu québécois était l’équivalent d’un contrat de gré à gré, ce que la CTMA ne souhaitait pas.
Les retombées économiques
Pierre Drapeau analyse que l’appel d’offres à l’international permettrait d’économiser au maximum 25 % du coût d’acquisition du navire. Les retombées économiques, c’est ce qu’il faut calculer parce qu’il s’agit d’argent public dans ce projet-là. Si l’argent est investi ailleurs, les retombées économiques dont on se prive sont de 470 millions dollars et 1100 emplois, soutient-il.
C’est bien clair que ça pourrait coûter moins cher [construire à l’extérieur], mais au net en termes de retombées pour le Québec, c’est un déficit extraordinaire pour les retombées dans les régions.
Pierre Drapeau rapporte que 900 entreprises dans 13 régions du Québec font partie de la chaîne d’approvisionnement du chantier maritime. « Est-ce que c’est ce qu’on veut une stratégie maritime dont les décisions d’acquisition de navire permettent d’acheter des navires à l’étranger plutôt que d’encourager nos entreprises du Québec? », se questionne-t-il.
Selon lui, le chantier maritime Davie ne sera pas compétitif dans cet appel d’offres qui a été fait auprès de 26 chantiers, notamment en raison du coût de la main-d’œuvre. « Le gouvernement du Québec actuellement devrait entendre les revendications des entreprises de partout au Québec », conclut-il.