Un mois après le début des négociations entre le gouvernement fédéral et Chantier Davie portant sur le possible octroi d’un contrat pour fournir des brise-glaces intérimaires à la Garde côtière canadienne, l’Association des fournisseurs du Chantier Davie Canada (AFCDC) s’inquiète qu’aucune entente ne soit encore intervenue.

«On a le droit de s’attendre à autre chose. En ce qui a trait aux négociations, les éléments sont déjà connus puisque Davie avait déjà transmis sa proposition il y a plusieurs mois. Dans le monde des affaires, quand vient le temps de négocier, ça ne prend pas des mois comme ça», a déploré Pierre Drapeau, l’un des fondateurs de l’AFCDC et président de la Fondation Chefs d’entreprises.

Rappelons que le 18 janvier dernier, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué que les négociations pour le projet Resolute du Chantier Davie allaient s’amorcer le lendemain. Par cette proposition, l’entreprise maritime lévisienne offre au gouvernement fédéral de louer quatre brise-glaces déjà existants, convertis par Davie, afin de répondre aux besoins intérimaires de la Garde côtière canadienne.

Mais depuis, un mois s’est passé et aucune entente n’est intervenue, ce que critique plusieurs intervenants de la région. En ce qui a trait à l’AFCDC, elle désire que la proposition de Davie soit rapidement acceptée puisque l’arrivée de nouveaux brise-glaces permettrait de déglacer d’une «manière optimale» le fleuve Saint-Laurent.

Mais essentiellement , un pacte entre les deux parties permettrait le retour au travail de 300 des 800 travailleurs de l’entreprise lévisienne mis à pied à la fin de l’année dernière, en raison du manque de contrats, ainsi que de plusieurs travailleurs des entreprises membres de l’AFCDC.

Des impacts aussi chez les fournisseurs

En effet, selon un recensement effectué par l’association il y a deux semaines, 770 postes ont été coupés chez 243 fournisseurs, présents dans 10 régions administratives du Québec, en raison du ralentissement des activités à la Davie. Des statistiques qui provoquent certaines craintes à Pierre Drapeau.

«L’inquiétude, on la sent de plus en plus. Lors de l’annonce de M. Trudeau le 18 janvier, ça avait amené un certain optimisme chez des fournisseurs, même si certains avaient déjà procédé à des coupes. Un mois plus, qu’il n’y ait rien de concret sur la table, ça risque de sonner le coup de mort pour d’autres postes», a soutenu M. Drapeau.

Notons finalement que l’AFCDC prévoit effectuer un autre sondage, au début mars, pour faire une mise à jour des effets du ralentissement des activités de Davie chez ses fournisseurs.

Article original réalisé par le Journal de Lévis 

Photo : Gilles Boutin